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  • Marie d'iCi
  • Marie
  • 28/07/1906
  • Femme
  • photos rêver la nature lectures poésies
  • Sage folle, pince-qui-rit, auto-derisoire et souvent dans l'ancienne lune, rêveuse, patiente, discrète.

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Texte Libre

Jeudi 10 août 2006 4 10 /08 /Août /2006 11:39

Application de la stratégie de sécurité

 Cette phrase défile devant mes yeux, au quotidien des jours ouvrés, dans l'attente de la connexion au réseau. Machinalement je LIS.

Vingt années d'abstinence forcée n'ont pas eu raison de cette passion. J'affirme à mon entourage que c'est une nécessité physiologique, une gymnastique de l'œil qui, sans cet entraînement, rouillerait et crisserait à chaque détournement du regard, au battement des cils. On grince bien des dents …

 A ce moment précis ma pensée dérive vers toi et ton écriture. Dans ma tête des mots sans suite, des phrases décousues tourbillonnent et font leur manège psychédélique, insaisissables. Je n'ai pas réussi à affûter la pelle à tarte avec laquelle j'avais prévu d'écrire. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !

Par Marie - Publié dans : Aïe
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Vendredi 4 août 2006 5 04 /08 /Août /2006 11:45

Just One of Those Things

 

Des écharpes de brume s'enroulent sur la plaine. La terre laisse sécher son patchwork pistache et cacao. Les verrues des moissons attirent les nuées de mouettes de terre, exilées de la faim, les refuznik des vagues n'aimant plus le poisson. Le camaïeu des bois s'incline sous le vent, bourrelet cicatriciel. Le soleil est absent, parti sous des cieux plus cléments, il a bien fait, il m'épuise, me dessèche.

 

Je pourrais m'arrêter, m'allonger dans les herbes – c'est quoi au fait cette plante séchée aux cosses couleur de cabosse grillée, rugueuse ? à l'intérieur on dirait des pois chiche ...  je pourrais m'y jeter on ne me verrait pas, c'est couleur de mon corsage, ton sur ton. Parc inhospitalier qui vaut bien le piquant des meules alors qu'elles ont disparu du paysage. Et puis là-haut le satellite m'épie, me fixe de son œil idiot. C'est seulement quelqu'un qui lira sur l'image le défi du regard méprisant de l'humain surveillé. Ne pas céder à l'envie, garder les pieds sur terre. Tenir le nœud serré.

 

Love For Sale

 

pour changer Mood Indigo. … "Et sur toute la gamme, je te donne mon cœur .."

 

Par Marie - Publié dans : Lui
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Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /Août /2006 20:29

Crayon entre les doigts, bloqué par l'index, mine pointée à l'ouest, la gomme vers le poitrail comme flèche de Parthe, je caresse de l'arête extérieure du pouce la tasse de porcelaine à l'anse cassée – maladresse au lavage, je n'aime pas les vases culottés – quarante centilitres de thé blanc refroidissent …

 

Des pétales de gerbera font leur tâche de sang, une ombre suspendue s'affale sur le plateau de verre gris fumé du bureau. Environnement noir, perle, blanc. Le store vénitien à lamelles micro-perforées tamise la lumière, l'ombre de la basilique s'étire sur les toits de la Banque de France. Des cris de plage entrent par la porte-fenêtre, les pompiers circulent toutes sirènes hurlantes avec en écharpe le grondement incessant de la circulation des boulevards.

 

Le sablier des heures laisse écouler la blonde poussière de quartz, imperturbable. Le vieux ventilateur rend l'air chaud en grinçant. Le temps est au beau sec, pas un souffle d'air ne brise la pesanteur qui s'abat sur ma tête. Il faut dire qu'au-dessus c'est terrasse et cailloux sur tôle sans isolation, juste un vide de quelques centimères entre dalle et faux plafond.

 

D'un geste rageur j'écrase la bouteille d'eau minérale, je voudrais la pulvériser, je voudrais, je voudrais, je voudrais …

 

Et puis demain il faudra attendre bien sagement assis. Etre à l'heure, en avance si possible, une défection peut faire gagner un tour. Un tour gagné, pour quel diagnostic ? on est toujours pressé de savoir le pire, comme si c'était urgent !

 

Par Marie - Publié dans : Aïe
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Lundi 31 juillet 2006 1 31 /07 /Juil /2006 14:43

 

 

 

 

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Par Marie - Publié dans : Aïe
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Vendredi 28 juillet 2006 5 28 /07 /Juil /2006 11:43
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Par Marie - Publié dans : marie-et-cie
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Vendredi 28 juillet 2006 5 28 /07 /Juil /2006 10:19

Tiens regarde !

 Là c'est ma mamie en 1906 avec sa robe au-dessus du genou, les franges et la couronne de fleurs d'oranger, son beau sourire et Gaston bridé dans son col à manger de la tarte … ils se sont mariés le même jour que moi, non je me suis mariée à la même date qu'eux, en juillet, le 28.

 Tu veux que je te raconte tout : la préparation, la veille du grand jour, la cérémonie, le repas –  au fait je n'ai pas eu mon mot à dire pour le choix des plats, les deux familles se sont occupé de tout …

 Veux-tu  le menu, l'orage, la faiblesse parce qu'il était tard et j'avais faim …

 Veux-tu que je te raconte les signatures à la mairie dans la grande salle des mariages sous l'immense tapisserie et devant la cheminée François 1er, [à propos de François, c'est lui qui aurait dû être là et pas ailleurs, pour faire pareil que moi en plus]. Je peux te dire la veille et les mois précédents, l'Algérie, l'inquisition des services de police, la suspicion, l'avion manqué par ton grand-père et comment j'ai failli me marier avec un gendarme parce qu'il n'était pas arrivé …

 Les cloches n'ont pas été sonnées à l'église parce que le curé ne savait pas si le marié était finalement rentré.

 Tu veux que …. pendant que je tiens dans mes mains la photo réalisée par l'artiste en renom, pas celle que ton arrière- grand'mère a distribué à la famille, non comme elle m'a dit : je n'avais pas besoin du souvenir-carton de ce qui doit être le plus beau jour de sa vie puisque j'y étais ! ce que tu vois là est une épreuve sans retouche.

 Cela veut dire quoi ? – c'est la vérité, rien que la vérité, pas d'artifice, pas de couleur non plus. C'est comme ça que j'étais. Le photographe m'avait fait retirer les chaussures, j'étais plus grande mais ça n'avait pas d'importance, rien n'a d'importance, rien.

Comment je le sais ? regarde c'est écrit dessus à l'encre violette, juste en travers de la robe et cette marque-là est impossible à effacer. Le Tipp-Ex n'existait pas en ce temps-là.

 Quatre marches à monter, le cortège s'ébranle. La mariée mince et pâle, encore plus blanche que la dentelle qui frôle son visage, un soupçon de couleur aux lèvres, gants de soie jusqu'aux coudes, un bouquet d'églantines à main droite, tient le bras de son père.

 Dame, il est bien fier au parterre de l'église, droit, le menton dressé, il marie la première ! Il a dû s'incliner et ce fut difficile mais comme elle est majeure, pauvre folle, il ne peut s'opposer, la garder plus longtemps. Sourire éclatant de bien courte durée.

 Arrivée presque au pied du fauteuil rouge et or, le velours tout lustré des cérémonies passées, Elle sent sous ses doigts le muscle qui se crispe, un léger tremblement pas vraiment maîtrisé. Il la laisse à sa place. Elle sans se retourner écoute la musique, les mouvements, les chaises, les talons, les enfants. Ils bavardent et rient un peu trop fort. Les parents les font taire.

 Puis Lui arrive au bras de sa mère. Alea jacta est, le sort en est scellé comme on dit en anglais. Un adieu à François. La liberté gagnée.

Par Marie - Publié dans : Elle
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Vendredi 28 juillet 2006 5 28 /07 /Juil /2006 10:14

Toute la nuit encore les moissonneuses ont battu dans les champs.

 
Bruit sourd, incessant, rythmé comme un pouls dans les artères serrées, continu, qui tend à disparaître plus la limite est lointaine et puis plus rien. Le sommeil vient enfin ….

 
Au petit matin il ne reste sur les éteuls ras que les rouleaux pressés prêts à dévaler la pente. Maigres, dispersés, ils resteront ainsi, gerbés si nécessaire ou bien un transporteur viendra les ramasser pour les déposer près des étables où meuglent des bêtes affamées, la sécheresse ne leur assurant plus au pré l'herbe tendre. Triste image de la réalité. Qui donc va s'inquiéter du futur immédiat quand il est de bon ton de se plaindre ?

 
Et puis ces chétifs cylindres encore blonds que les échappements des gros camions n'auront pas encore noircis sont venus remplacer les gerbes ruisselantes de grains gonflés, pas encore écrasés sur la place, fauchées à la main par une dizaine de voisins tous unis dans le labeur des moissons. Quinze jours ça durait et les reins en souffraient.

 
Un jour, vers les midi, les hommes sous les arbres attendent le repas que les femmes apportent dans des paniers d'osier chargés de gros pain, les granuleux fromages blancs "maison" au sel avec des herbes, quelquefois le lard - c'était rare en ces années 1870  – et les litres de vin. D'abord les litres et ensuite le casse-croûte. On s'essuie le crâne avec le grand mouchoir à carreaux noué aux quatre coins pour en faire un couvre-chef, on rit, on plaisante des femmes, lorsque l'une d'elles, ronde comme une barrique, s'éloigne un peu du groupe pour se dissimuler derrière un diziau. Elle écarte les jambes et debout, sans appui, laisse tomber au sol un paquet. Sans un mot, sans un cri, juste un vagissement : le bébé est vivant. Noémie le ramasse. Les chiens feront le reste. Elle met l'enfant dans le torchon, le place sans autre ménagement au fond du panier et comme si de rien n'était , elle retourne au labeur, la faucille à la main ; elle s'en occupera en fin de journée. Personne s'en émeut.

 
Le bébé a vécu quatre-vingts ans, elle s'appelait Marie.

Par Marie - Publié dans : Elle
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Mercredi 26 juillet 2006 3 26 /07 /Juil /2006 21:03
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Par Marie - Publié dans : marie-et-cie
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