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Mardi 20 février 2007

... m'écoute jamais ! comme un écho qui répète jamais, jamais, mais.

 

 

Comme je te l'ai dit, nous nous somme installés dans le creux du sable, au pied de la dune, face à l'océan, abrités du vent.

 

 

Quand Esprit s'est mis à parler, un tourbillon est passé au-dessus de nos têtes. C'est l'air marin qui est venu nous suffoquer. Alors nous nous sommes réfugiés derrière la maison sculptée formant un rempart de protection, nous avons changé de place et c'est en face de moi qu'il a pris sa nouvelle posture de sculpteur égyptien.

 

 


Comment il était habillé ? est-ce donc si important ? tu sais je ne fais pas très attention à ces détails ! Oui je me les rappelle, il portait une chemise à reflets nacrés sur une espèce de caleçon en maille trilobée,  brillante comme celle des bas nylon. Pressentant que ce serait long, pour le protéger du vent du large, j'ai sorti de mon sac la couverture de survie, si légère qu'on pourrait croire qu'elle ne sert à rien. Emballé dans son drap d'or il ressemblait à une statue d'un nyakashipou.

 

 

Ses cheveux bruns, souples, mi-longs, formaient autour de sa tête un casque qui lui cachait un oeil de temps en temps. Cela ne semblait pas le déranger apparemment, puisque  pas une seule fois il a remonté les mèches.
J'ai posé des questions, ce qui l'a agacé, j'ai bien vu son regard, alors j'ai pris la bouteille vide contre moi, j'ai penché la tête et à partir de ce moment là, il a prononcé des mots tellement embrouillés que je n'ai rien compris ! je ne sais pas si j'arriverai à les répéter, ça donnait à peu près ceci :

ws ufioesi ixboss dsydic dsek sedpsifose saoedsido si ysewxoksy sets dxoyeuse et puis ses yeux se sont agrandis, presque aussi grands que son visage, sa bouche a disparu, il s'est pulvérisé dans l'air, pfffutt et je me suis sentie fatiguée, fatiguée ...

par Marie publié dans : marie-et-cie
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Lundi 12 février 2007

Mouais … ça ne va pas encore !
Ce n'était pas comme ça ?

 

Bien sûr que si !
Bon d'accord j'ai dû commettre quelques erreurs au passage, ce n'est pas tout à fait cohérent ? merci de me le faire remarquer,alors je vais reprendre.

 

Pour le vagabond, ça va. Rien à ajouter ? rien.

 

A la petite vieille maintenant. Elle est descendue sur la plage et même que c'était long. Comme j'étais bien couverte, j'ai observé tous ses gestes. Elle a ramassé ce qu'elle a trouvé et a tout mis dans son sac. J'ai une bonne vue.
Et puis elle a soulevé une bouteille brillante dans un éclair de soleil…..

 

Elle l'a prise en main et a regardé au travers. Quand elle s'est aperçue qu'elle était observée, elle a eu un geste de surprise et puis elle l'a rejetée. Ce n'est pas tout à fait ce que j'avais dit au début, parce que de ma place je ne pouvais rien entendre d'autre que le vent. C'est ta faute aussi, tu veux toujours savoir la fin avant le commencement !
En fait, comme je suis curieuse mais je ne voulais pas le dire, j'ai attendu qu"elle reparte et j'ai quitté mon trou. Je fixais bien l'endroit où la bouteille était tombée, dans les cheveux de varech on la voyait à peine.  C'était une bouteille en verre, un bouchon au goulot, pas vraiment hermétique. Sans bien distinguer le contenu, j'entends du bruit. Des appels assourdis paraissent si lointains que je crois avoir rêvé. Je sors le flacon de son nid et le secoue légèrement, lorsque un cri plus fort me fais cesser de suite.
J'approche la bouteille de mes yeux pour voir qu'à l'intérieur une silhouette s'agite en faisant des signes désespérés des bras. J'ôte le bouchon, tout aussitôt le minuscule pantin parvient ainsi à s'échapper ….

 

Je croyais que la vie de Tom Pouce continuait. Cependant, sorti de sa bouteille, le bonhomme commença à reprendre une taille humaine et vint s'asseoir à mon côté. Le gauche.
Comment t'appelles-tu, lui demandais-je ?

 

"Esprit-de-vin", madame et c'est toute une histoire, seulement voilà, personne ne m'écoute jamais !

 

par Marie publié dans : marie-et-cie
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Jeudi 8 février 2007

Comment , je n'aurais pas dû me réveiller ? non, ce n'est pas ça, je n'ai pas commencé par le début ?

 

Si tu insistes ….

 

Un homme désoeuvré parcourt d'un pas traînant le chantier déserté. Mains dans les poches, d'un coup de pied rageur, il repousse brutalement des boîtes décapsulées, vides naturellement ! hirsute, Il marmonne dans sa barbe. Son vieil anorak rouge, sale, usé, laisse passer une chétive ouatine aux emmanchures, son pantalon trop large semble retenu par une ficelle : deux bouts dépassent. Quant à ses chaussures, elles entreraient dans la catégorie des Cat de l'ogre de la fable.
Trouvera t-il ce qu'il cherche ? Que cherche t-il d'ailleurs, à manger, à boire ? Les détritus ne manquent pas. Des emballages, des chutes de polystyrène, des briques cassées, des gravats pour tout dire, alors rien à manger. Obstinément il cherche. Il finit par trouver une bouteille. Qu'a-t-elle de particulier cette bouteille ? à première vue : rien. Même pas d'étiquette. La bouteille n'est pas neuve, son vert très sombre empêche de distinguer s'il y a un contenu. Il secoue, elle semble vide alors d'un geste rageur il la balance par-dessus les buissons qui bordent la dune.
Les oyats de la plage voient passer un ovni qui vient s'échouer dans le sable, à moitié enfoui.

 

par Marie publié dans : marie-et-cie
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Mercredi 7 février 2007

Un vent de terre repousse vers le large des nuages de sable obstruant ses poumons. Un souffle puissant soulève des vagues à contresens du rivage, des écumes perdues tourbillonnent et s'élèvent pour fondre dans les flots de l'Atlantique.
Le mur enseveli depuis des millénaires réapparaît soudain. Gris, vide. L'endroit fait frissonner. Des écheveaux polymérisés, hachés par les hélices ont gardé leur couleur. Des morceaux de filets noués d'os de seiche, de pinces, de poisson mort, retiennent prisonnières des bouteilles en plastique : que de sales déchets. Une vieille au cou cassé contourne le blockhaus et descend sur la grève. La dernière marée a été généreuse, des squelettes échoués, sur l'immensité du désert de l'hiver, l'approvisionneront en bois.
La femme emmitouflée dans ses châles n'est pas au courant de la réglementation spécifique aux déchets d'équipements électriques et électroniques dont l'application va encore nous coûter, son souci immédiat est de trouver du combustible pour vivre et se chauffer.
Elle trie du bout de son bâton, écarte les fibres de nœuds inextricables. Active, elle ramasse tout ce qui va brûler et glisse dans un vieux sac de jute - un peu noir du charbon d'autrefois quand elle en trouvait – des bouts de planches, des morceaux d'embarcation, des branches d'arbres blanchies, nettoyées par le soleil et l'eau.
Le froid toujours bien vif lui rougit le nez. Ses mitaines la protègent peu. Il faudra faire avec, c'est déjà bien qu'elle en ait, doit-elle penser. Un pâle soleil d'hiver fait son apparition entre deux rouleaux cotonneux, fait scintiller un bref instant, plus loin, un objet assez sombre. Elle dépose son sac et s'approche. Découvre une bouteille en verre, bouchée, pas vraiment hermétique, à moitié enfouie dans le sable. Sans bien distinguer le contenu, elle entend du bruit, des appels assourdis lui paraissent si lointains qu'elle croit avoir rêvé. Elle sort de son nid le flacon pas léger et le secoue un peu, lorsque un cri plus aigu la fait cesser de suite.
Elle approche la bouteille de ses yeux pour voir à l'intérieur qu'une silhouette agite les deux bras et lui fait des signes désespérés. Elle ôte le bouchon et  ….

 

 

Je vois bien qu'il est plus que l'heure de me lever, tu ne crois pas ?!

 

par Marie publié dans : marie-et-cie
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Lundi 5 février 2007

On se demande vraiment à quoi elle pouvait bien servir, le courroux est-il vraiment justifié ?

 

par Marie publié dans : de jour en jour
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Jeudi 1 février 2007

Monsieur et Madame Jean, copropriétaires         à Monsieur Alfred

 

Monsieur,

 

Vous avez déposé dans notre boîte PTT (en bas de la rue) une lettre m’invitant à, je vous cite « couper les arbres et les branches qui me gênent depuis longtemps sinon je serai dans l’obligation de venir chez vous pour exécuter le travail … » et suite dans l'attente d'une réponse favorable.

 

En juin 2006, vous m’avez fait une demande verbale pour obtenir l’autorisation de couper les branches de bouleau qui vous gênaient afin de poser un grillage au-dessus du passage du poulailler ; ce que je vous ai accordé de vive voix. Des coupes ont été exécutées, il y a les traces nettement visibles sur les branches.
J’ai remarqué qu’à cette occasion vous avez ajouté des pigeons à votre poulailler.

 

Il y a plusieurs années vous m’avez demandé de couper la haie de troènes, haute de 1m20 environ, afin de mettre un nouveau grillage (posé par vous, fourni par moi, en remplacement de celui que j’avais installé en 1972 ainsi que la haie plantée à la même époque) pour construire un poulailler, ce que j’ai fait, alors que mon épouse n’était pas du tout d’accord. Vous pouviez tailler ce qui passait de l’autre côté, c’était suffisant d’après elle.

 

Pour mémoire l’ensemble est situé à distance réglementaire de la limite NORD de votre terrain, donc ne peut vous priver de lumière et encore moins d’ensoleillement.

 

« sinon je serai dans l’obligation … »

 

Nous regrettons de vous dire que nous vous interdisons de pénétrer chez nous, la Loi ne vous y autorise pas, alors vous élaguez si besoin de votre côté, vos travaux non-conformes interdisent tout accès à une entreprise pouvant exécuter l'élagage de grande hauteur en toute sécurité et sans dommage. Par ailleurs je doute que vous puissiez obtenir la reconnaissance d’un trouble anormal provoqué par un sapin dont les racines ne vont pas de l’autre côté, ainsi que le bouleau à trois branches, l’arbre incriminé, ce n’est pas un marronnier ni un platane (le terrain est très calcaire et la végétation peu luxuriante) et comme vous avez pu le remarquer, nous avons coupé les branches des autres arbres qui dépassent la clôture côté champ, bien que ce soient des pommiers.

 

Enfin, nous ne vous avons jamais menacé, ni poursuivi pour nuisances occasionnées depuis 2002 par trois coqs et une vingtaine de poules et poulets entassés dans un endroit si exigu que les bêtes se répandent dans le champ à côté quand elles n’entrent pas chez nous, ce dont nous vous prévenons régulièrement. Les nuisances sonores, d’odeurs et de mouches nous empêchent de laisser les fenêtres ouvertes pendant le jour et aussi les nuits l’été quand, dès la moindre lumière provoquée par l’éclairage à des heures nocturnes (entre 2h30 et 4h30 du matin) vos trois coqs se mettent à chanter l’un après l’autre avec reprise toutes les demi-heures. Mon épouse ne peut plus supporter cette situation tellement ça la rend nerveuse à cause de son sommeil perturbé et je l’ai empêchée à plusieurs reprises d’aller vous voir à ce sujet, pour ne pas envenimer des relations cordiales de voisinage.

 

Libre à vous d’avoir recours à un conciliateur de justice (information donnée par vous sur les copies jointes à votre lettre et dont la provenance est illisible) pour ma part je prendrai conseil.
Recevez, Madame, Monsieur, nos sincères salutations.

 

par Marie publié dans : de jour en jour
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