Adepte de l’automédication conseillée, je dispose de quelques produits de première nécessité pour
combattre la fièvre, la toux, les douleurs contuses. Je peux ajouter une poignée de sparadraps, bandes élastiques et baume contre les piqûres d’insectes. C’est tout. Pour le reste c’est selon la
nécessité du moment.
J’avais oublié que d’autres maux pouvaient atteindre la femme de base en période
hivernale.
Ma première pensée, après une nuit presque sans sommeil, a été celle de me réjouir d’avoir renouvelé
la veille sa prescription mensuelle – quand je dis mensuelle, c’est toutes les quatre semaines.
Et je me revois, comme voile affalée contre les gréements, sur le pont d’un navire qui tangue
dangereusement, à tenir ce propos à faible voix. Rien de plus. Pas même une étincelle de lucidité qui m’aurait fait réclamer quelque médecine capable d’enrayer le mal, non, un samedi hors du
temps. Tout pareil le dimanche avec une accalmie de courte durée.
Tout ceci pour dire que l’apathie s’installe tellement vite qu’une faiblesse survient comme une
fatalité. Je le ressens ainsi et pour guérir je n’ai besoin d’aucune compagnie, au contraire le silence le plus grand concourt à mon mieux-être.
Pas plus que je n’ai pensé à appeler un médecin. D’ailleurs c’eût été inutile, il faut se déplacer
au cabinet, pour une meilleure prise en charge et autres arguments.
Aujourd’hui, je fais le constat que même si j’avais été équipée d’un boîtier d’appel pour déclencher
l’aide à domicile – comme il est de plus en plus mis en place pour les personnes isolées – je n’aurais pas appuyé sur le bouton, faute d’avoir le réflexe d’agir.
Le cerveau devient défaillant et je continue de penser que ces « vigies » ne sont pas
d’une grande utilité, sauf à rassurer ceux qui sont persuadés que c’est ce qu’il y a de mieux, sortir les malades de leur isolement et leur ôter la peur de mourir sans soins.
Commentaires