Cher Ambroise,
Merci d'être venu me donner des nouvelles. Je ne sais s'il est mieux de poster en cachette ou laisser l'enveloppe
ouverte. Tiens, pas d'enveloppe, c'est bon pour la planète.
On dit toujours qu'entre deux mots il faut choisir le moindre … ainsi donc j'ai réduit le garde en cendres. Il nous
reste quand même galérien ou bagnard. Ce n'est pas plus satisfaisant quand l'espoir n'est pas au rendez-vous !
Nous sommes logés à la même auberge de suspicion alors je te demande – me poser la question c'est ne pas savoir
répondre - quel est le meilleur moyen de faire la fête des souris pendant que le chat guette. Restons optimistes.
Ayant étudié la justesse de tes remarques, j'ai poussé la porte de ton jardin pour voir quelle allure avait celui
d'iCi. Tu sais ou tu ne sais pas, que je le vois toujours de l'intérieur, depuis les plates-bandes de jardin de curé. C'est assez le fouillis. Il faudrait bien ranger, ordonnancer, racler,
sarcler, biner. Mouais !!! pal'temps ..
Je t'avais promis de transformer mes maux et malgré une tendance naturelle à caresser les bouteilles dans le sens du
poil, c'est tellement triste de les retrouver vides, j'ai abandonné cette idée de tiroirs.
De plus "amphores" me plaisait bien, même si leurs formes nous viennent de l'Antique elles contenaient souvent, non seulement des richesses marchandes, aussi les vins les plus précieux sûrement
appréciés … Ce choix n'est-il pas présomptueux ? sans rien exagérer, le jus raté que j'y déverse ne sera jamais le nectar des dieux et ne supportera pas une longue
conservation, si pure soit l'huile. Ma copie est à revoir.
Tu sais comment j'excelle à exploiter mes faiblesses, exalter mes soupirs, inhaler la tristesse et chérir mes amis. Ainsi quand j'ai pris en photo ma silhouette de passage au rosier, j'avais eu
une idée pour écrire. Seulement le résultat a été tout autre, ayant oublié au passage que mes doigts n'étaient pas à la hauteur de mes yeux, ce qui a positionné la fleur épanouie à la tête en
quittant la place du cœur. Angle de tir dévié. Tué. Tu me suis ?
Il va me falloir dénicher autre chose et ne pas céder à la facilité des images. A l'évidence par ce moyen je gagne un peu de temps en occupant l'espace et je m'amuse comme les enfants qui jettent
les cailloux à la rivière en visant les canards, sans se préoccuper des lois de la physique, des théorèmes et des grandes manœuvres. Créons-nous une nouvelle enfance pour ne pas repiquer les
soucis avec des talons hauts.
En parlant de canards, les cygnes étaient absents sur l'étang, jusqu'à ce que j'entende un bruit d'hélicoptère, un claquement et j'ai vu l'un des deux, volant en rase-flots entre les rangées de
roseaux. Impressionnant de vitesse et d'élégance profilée.
Je compte sur ta sagesse, ta grande philosophie et surtout ton indulgence pour m'inciter à persévérer et surtout me
donner des idées stables et cohérentes, parce qu'en ce moment j'ai une tête de sifilet.
A bientôt, je t'embrasse
Marie
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