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Lundi 31 juillet 2006

 

 

 

 

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par Marie publié dans : Aïe
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Vendredi 28 juillet 2006
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par Marie publié dans : marie-et-cie
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Vendredi 28 juillet 2006

Tiens regarde !

 Là c'est ma mamie en 1906 avec sa robe au-dessus du genou, les franges et la couronne de fleurs d'oranger, son beau sourire et Gaston bridé dans son col à manger de la tarte … ils se sont mariés le même jour que moi, non je me suis mariée à la même date qu'eux, en juillet, le 28.

 Tu veux que je te raconte tout : la préparation, la veille du grand jour, la cérémonie, le repas –  au fait je n'ai pas eu mon mot à dire pour le choix des plats, les deux familles se sont occupé de tout …

 Veux-tu  le menu, l'orage, la faiblesse parce qu'il était tard et j'avais faim …

 Veux-tu que je te raconte les signatures à la mairie dans la grande salle des mariages sous l'immense tapisserie et devant la cheminée François 1er, [à propos de François, c'est lui qui aurait dû être là et pas ailleurs, pour faire pareil que moi en plus]. Je peux te dire la veille et les mois précédents, l'Algérie, l'inquisition des services de police, la suspicion, l'avion manqué par ton grand-père et comment j'ai failli me marier avec un gendarme parce qu'il n'était pas arrivé …

 Les cloches n'ont pas été sonnées à l'église parce que le curé ne savait pas si le marié était finalement rentré.

 Tu veux que …. pendant que je tiens dans mes mains la photo réalisée par l'artiste en renom, pas celle que ton arrière- grand'mère a distribué à la famille, non comme elle m'a dit : je n'avais pas besoin du souvenir-carton de ce qui doit être le plus beau jour de sa vie puisque j'y étais ! ce que tu vois là est une épreuve sans retouche.

 Cela veut dire quoi ? – c'est la vérité, rien que la vérité, pas d'artifice, pas de couleur non plus. C'est comme ça que j'étais. Le photographe m'avait fait retirer les chaussures, j'étais plus grande mais ça n'avait pas d'importance, rien n'a d'importance, rien.

Comment je le sais ? regarde c'est écrit dessus à l'encre violette, juste en travers de la robe et cette marque-là est impossible à effacer. Le Tipp-Ex n'existait pas en ce temps-là.

 Quatre marches à monter, le cortège s'ébranle. La mariée mince et pâle, encore plus blanche que la dentelle qui frôle son visage, un soupçon de couleur aux lèvres, gants de soie jusqu'aux coudes, un bouquet d'églantines à main droite, tient le bras de son père.

 Dame, il est bien fier au parterre de l'église, droit, le menton dressé, il marie la première ! Il a dû s'incliner et ce fut difficile mais comme elle est majeure, pauvre folle, il ne peut s'opposer, la garder plus longtemps. Sourire éclatant de bien courte durée.

 Arrivée presque au pied du fauteuil rouge et or, le velours tout lustré des cérémonies passées, Elle sent sous ses doigts le muscle qui se crispe, un léger tremblement pas vraiment maîtrisé. Il la laisse à sa place. Elle sans se retourner écoute la musique, les mouvements, les chaises, les talons, les enfants. Ils bavardent et rient un peu trop fort. Les parents les font taire.

 Puis Lui arrive au bras de sa mère. Alea jacta est, le sort en est scellé comme on dit en anglais. Un adieu à François. La liberté gagnée.

par Marie publié dans : Elle
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Vendredi 28 juillet 2006

Toute la nuit encore les moissonneuses ont battu dans les champs.

 
Bruit sourd, incessant, rythmé comme un pouls dans les artères serrées, continu, qui tend à disparaître plus la limite est lointaine et puis plus rien. Le sommeil vient enfin ….

 
Au petit matin il ne reste sur les éteuls ras que les rouleaux pressés prêts à dévaler la pente. Maigres, dispersés, ils resteront ainsi, gerbés si nécessaire ou bien un transporteur viendra les ramasser pour les déposer près des étables où meuglent des bêtes affamées, la sécheresse ne leur assurant plus au pré l'herbe tendre. Triste image de la réalité. Qui donc va s'inquiéter du futur immédiat quand il est de bon ton de se plaindre ?

 
Et puis ces chétifs cylindres encore blonds que les échappements des gros camions n'auront pas encore noircis sont venus remplacer les gerbes ruisselantes de grains gonflés, pas encore écrasés sur la place, fauchées à la main par une dizaine de voisins tous unis dans le labeur des moissons. Quinze jours ça durait et les reins en souffraient.

 
Un jour, vers les midi, les hommes sous les arbres attendent le repas que les femmes apportent dans des paniers d'osier chargés de gros pain, les granuleux fromages blancs "maison" au sel avec des herbes, quelquefois le lard - c'était rare en ces années 1870  – et les litres de vin. D'abord les litres et ensuite le casse-croûte. On s'essuie le crâne avec le grand mouchoir à carreaux noué aux quatre coins pour en faire un couvre-chef, on rit, on plaisante des femmes, lorsque l'une d'elles, ronde comme une barrique, s'éloigne un peu du groupe pour se dissimuler derrière un diziau. Elle écarte les jambes et debout, sans appui, laisse tomber au sol un paquet. Sans un mot, sans un cri, juste un vagissement : le bébé est vivant. Noémie le ramasse. Les chiens feront le reste. Elle met l'enfant dans le torchon, le place sans autre ménagement au fond du panier et comme si de rien n'était , elle retourne au labeur, la faucille à la main ; elle s'en occupera en fin de journée. Personne s'en émeut.

 
Le bébé a vécu quatre-vingts ans, elle s'appelait Marie.

par Marie publié dans : Elle
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Mercredi 26 juillet 2006
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par Marie publié dans : marie-et-cie
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Mercredi 26 juillet 2006
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par Marie publié dans : marie-et-cie
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Samedi 22 juillet 2006

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par Marie publié dans : marie-et-cie
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Samedi 22 juillet 2006

Préambulatoire

 21 juillet – départ officiel d’un projet – comme lui, je prends le départ.

 
Jolie Baleine Bleue, sans se douter de rien, queue en éventail, ondule gracieusement dans les eaux glacées. Elle évolue sans se douter que pousse dans ses entrailles ce qui sera un baleineau, qui battra des cils dès son apparition, curieux et frétillant, elle ne se pose aucune question. Cela se passe comme ça au pays des baleines.

Elle a beaucoup de chance Madame Baleine …

Madame Baleine n’est pas stérile.

Se poser des questions alors qu’on sait ne pas connaître les réponses c’est stérile.

Il faut donc les poser à quelques autres, capables d’aider à trouver les fameuses réponses – pourquoi fameuses d’ailleurs, ce sont expressions toutes faites – des embryons de réponse, ce sera déjà quelque chose …

Dis pourquoi ….

La gestation de la baleine bleue oscille entre onze et douze mois.

par Marie publié dans : marie-et-cie
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