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Lundi 30 octobre 2006

Souffrant de folie ordinaire, je n'ai pas besoin de produits de substitution genre ergot de seigle ou calumet de la paix intérieure. D'où t'es venue cette idée ? mes propos sont-ils déjantés à ce point que tu as pu penser que j'en avais la consommation régulière … Que nenni mon Bon ! j'ai tout ce qu'il faut dans le cerveau, nul besoin de fumer le tapis persan ou mité.

 En trois coups de cuiller à pot tu as mis le doigt là où ça fait mal, sur ma vérité intérieure, ma nature profonde, celle que j'aurais voulu cacher à la face du monde et ne montrer qu'à un cher disparu. C'est l'inverse qui s'est produit, alors maintenant j'assume. J'ai néanmoins des pudeurs de vierge effarouchée – retiens bien parce que le jour où tu comprendras, tu seras mort de rire et si la mort ne me fait pas peur, je ne souhaite pas celle des autres, fussent-ils enfants ou non. D'ailleurs chaque homme est l'enfant d'une femme et il le demeure à jamais.

 Une info : je ne suis pas à surveiller ma b.a.l. en permanence, je n'ai qu'un sixième sens en alerte permanente et je ne me connecte pas sans objet. Je bosse sérieusement crois-moi !

 Si j'ai un jour accès à tes carnets intimes, ce n'est pas avec l'intention de te paralyser et si mon œil devait nuire à ta liberté d'expression, il est préférable que tu me prives de lecture. Si tu penses que je juge, tu te trompes. Je ne t'en veux pas pour autant, je n'aime pas faire de la peine ou blesser involontairement.

 Depuis plus d'un an que je lis tous les jours en dépit des aléas du net et de mes connexions, ma manière de me présenter a beaucoup changé. Je peux te dire que je me suis enrichie au contact [virtuel] des uns et des autres. Quand je suis plus triste un jour qu'un autre, je trouve toujours de quoi me redynamiser.

 Un petit signe en ce qui me concerne : bélier ascendant scorpion  et serpent dans l'autre astrologie. Si par extraordinaire nous étions de même zodiaque …. ne brûlons pas les étapes, les meilleurs moments sont dans l'attente.

 Je ne joue pas avec toi comme le chat avec la souris et je sais déjà comme tu vas vite. Pour ma part, ta réaction m'indique que ce n'est pas avec toi que je pourrai apprendre à rédiger un sms ….  Snif.

 C'est tout pour aujourd'hui.

Altesse te salue bien et tu es le seul autorisé. D'ailleurs ce sera mon pseudo, ça te va ? cadeau.

Marie consensuelle. 

 

par Marie publié dans : Amphores
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Jeudi 26 octobre 2006

4 – Aimer Communiquer

 "A l'occasion d'une recherche de drogue effectuée dans les parties communes d'immeubles d'un parc social, une cachette a été découverte dans un ascenseur. Jusque là rien de  particulier.

La résine de cannabis se trouvait dans un sac plastique posé sur un montant fixe dans la colonne de l'ascenseur – ou gaine.

Repéré dans le vide entre le palier et l'ascenseurau sol, environ 1 centimètre et demi, juste de quoi coincer un talon aiguille ou laisser tomber des clés dans la cuvette (du vécu) et au pourtour de la cabine  porte ouverte ce n'est pas plus large, les mises en conformité des cabines devant être effectuées depuis 1991 -  le sac n'a pu être saisi lors d'une première tentative, lorsque la cabine se trouvait au-dessus de lui  l'espace libre ne laissant pas la possibilité de l'attrapersi la cabine est au-dessus, elle dégage l'espace total de la cage (colonne)

Par contre le sac était accessible à la main à l'ouverture de la porte (mince alors !) malgré les risques de fermeture de celle-ci, quand sa cachette se trouvait en haut par rapport à la cabine d'ascenseur donc quand la cabine était en dessous du niveau du palier, c'est-à-dire quand le dessus de la cabine est visibleça suit ? une remarque en passant, seuls les ascensoristes en charge de l'entretien des appareils peuvent intervenir après moult mises en sécurité pour bloquer la cabine à niveau intermédiaire et déverrouiller les portes palières.

Je tenais à appeler votre attention sur cette découverte afin ….

Les services de ….. sont à votre disposition pour vous apporter aide et conseils. A noter que cette découverte a pu se faire grâce à l'intervention du chien de … "

confidentiel – signalé   21 octobre 2004

reçu le 25/10/2006

 

 

par Marie publié dans : de jour en jour
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Vendredi 20 octobre 2006

6 - Savoir prendre du recul pour canaliser son imagination

 

La mise en route du matin respecte le rituel instauré dans le cadre de mon organisation rodée.
D'aucuns diront les habitudes.

 

Au bureau des méthodes on décomposerait en temps chronométré. Je n'irai pas jusque là, je dois aussi travailler aussi surprenant que cela paraisse … la paresse, ça commence mal.
Au monter d'escalier, arrivée au 5ème, j'entends les conversations dans le local café. C'est un réduit aménagé dont on a supprimé un lavabo sur les deux pour installer un évier. Depuis quelques mois le placard des archives a été ôté et remplacé par un meuble, une table qui permet de poser cafetière et bouilloire. Un réduit, dis-je où la place fait défaut. Faux marbre, faux confort.

 

Alors sans allumer l'éclairage, accomplissant tous les gestes sans bruit – haut-parleur désactivé  - j'écoute, j'irai dire bonjour après, je suis bien en avance sur mon horaire B.
Oui j'écoute, j'espionne, c'est comme ça que j'apprends ce qui sort des échanges entre les collaborateurs de classification inférieure (à la mienne). Les critiques, les aigreurs, les récriminations ne sont rien au regard des décisions qu'ils prennent en l'absence de responsable à proximité. Décider et de surcroît sans référer, pour arriver à la conclusion exprimée à voix haute les chefs ne servent à rien, on pourrait s'en passer. Je me croyais plus proche.
Vivement que tout le personnel fasse le stage Mode Projet,  il y a des pratiques à faire changer.

 

Ce désabusement entraîne mon imagination vers un pays magique où l'espace offrirait, de ses coffres à bijoux, les joyaux merveilleux pour habiller le ciel en améthyste orange et saphir incarnat.
Je me sens déjà mieux.

 

par Marie publié dans : de jour en jour
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Jeudi 19 octobre 2006

Dossier MODE DE VIE
L'ENTREPRISE LIBERALISE LE BONHEUR AU TRAVAIL

 

 

Une tendance qui transforme le salarié en "valeur ajoutée", écouté, voire cajolé …
Les Dix Lois du bonheur au travail
– extrait de TGV magazine p. 38 (sans date)

 

 

1 - Avoir le sentiment d'une rétribution équitable
2 - Trouver du sens à sa tâche
3 - Inventer son organisation
4 - Aimer communiquer
5 - Ne jamais cesser de se renouveler
6 – Savoir prendre du recul pour canaliser son imagination
7 – Voir loin
8 – Fuir le trop-plein de confort
9 – Rester libre et mobile
10 – S'arrêter complètement ,
de temps en temps. (faut pas abuser non plus !) Pendant les moments de détente, il s'agit de couper complètement avec l'entreprise. Eviter de consulter les mails professionnels à la maison. Utiliser un portable personnel en plus de votre mobile professionnel et se donner l'occasion d'être un peu bohème et rêveur … c'est pas moi qui le dis, hein !

 

 

Je ne savais pas que la loi 10 correspondait exactement à ma pratique et pourtant :
Je lis mes courriels et surtout j'en expédie. Je compte les moutons – quatre avec un bonnet bleu à pompon et preuve en image quand je saurai l'incruster – j'écoute Haydn (symphonies 6, 7 et 8) et Cole Porter.

 

 

N'est-elle est pas belle la vie ?

 

 

par Marie publié dans : de jour en jour
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Jeudi 12 octobre 2006

Les enfants ont des pouvoirs extraordinaires dont ceux de transformer les moments les plus dramatiques en jeux. Les enfants jouent à la guerre. Les enfants regardent la réalité avec indifférence et s'effraient devant le réalisme du cinéma. Marguerite n'alla jamais au cinéma durant sa jeunesse. Marguerite a vu couler le sang de son père. Marguerite a appris très tôt à assommer le maigre lapin pris au collet comme le lui avait montré Josef (je sais maintenant que son prénom s'écrivait avec un f)

 

Marguerite a saigné, vidé et cuisiné le lapin, plumé la poule, dépouillé le chat. Marguerite n'avait pas peur de voir le sang couler. Grâce à la bienveillance du curé, Marguerite apprend à lire, à écrire, à compter. En ce début de siècle, on apprend comme des perroquets. Marguerite réussit le Certificat d'Etudes à onze ans –c'est la fin de la scolarité obligatoire en ces temps reculés.

 

Pendant son enfance Marguerite travaille, ramasse le bois, balaie le sol de terre battue, lave le linge à la rivière pour soulager Marie, aide les hommes aux champs, durement quand la saison arrive. Vie pas du tout bucolique et encore moins idyllique.  Le tocsin sonne partout, les hommes se mobilisent ….

Marguerite a vécu la première guerre mondiale – ce ne sera pas la dernière. A vécu ce qu'on appelle pudiquement les horreurs de la guerre. Un trou, une méconnaissance de la période 14-18 dans la campagne picarde, peu d'écrits locaux les plus intéressants [la guerre et les rats ont mangé les journaux et les archives paroissiales] les mémoires se vident inexorablement. Il ne reste comme réalité connue qu'un voyage dans le Gers, ultime étape d'un long exode du nord au sud, passant par Marcinelle comme l'attestent certains papiers d'alimentation pour les réfugiés français. Marcinelle dont on parlera en 1956.

A-t-elle rencontré là-bas un beau soldat wallon, flamand ou teuton ? l'a-t-elle aimé ou bien a-t-elle subi ? Elle n'a jamais révélé ce secret. Pudeur ? honte ? Ce dont on est sûr, c'est que huit jours avant son dix-septième anniversaire, Marguerite, en présence de Marie et de sa plus jeune sœur âgée de trois ans, met au monde une fille : inconnue de père.

par Marie publié dans : Elle
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Mardi 10 octobre 2006

"Tu sais bien qu'il faut … " Il ne faut pas, ce n'est ni obligation ni contrainte, il faut avoir envie de me répondre et là je dis oui, si c'est pour me séduire à nouveau. Si pour toi la séduction est un besoin vital tu peux user de tous les artifices – entendons-nous bien, ce n'est pas superficiel – donc je complète par feux d'artifices, cela te va-t-il mieux ? Donc je suis séduite et c'est particulièrement réjouissant.

Je pensais à tout ça se matin, dans le salon de "Rose" qui s'est mercantilement occupée de ma chevelure courte et multicolore afin de la rendre plus flatteuse. Il faut dire que j'épuise le solde de mes congés de 2004 qui m'ont servi à entreprendre et terminer des travaux de réfection de peinture et papier peint dans l'entrée/couloir de ma ravissante maison campagnarde. J'avais eu droit à des remarques fort obligeantes du style : en travaillant deux heures par jour, le rendement n'est pas formidable ! Pour me "venger", j'ai poursuivi lesdits travaux en tailleur Rodier dégriffé et talons hauts [c'est bien pratique pour atteindre les hauteurs sans utiliser un tabouret], mes moyens ne me permettant pas de peindre en Chanel, d'abord je n'ai pas le genre …. Tenue jubilatoire s'il en est, d'autant que je suis sûre de ne faire aucune tache MOI. Quand je tiens un pinceau, la peinture reste sur les poils et uniquement sur les poils … pour être déposée là où il faut. J'aurais pu également avoir les ongles carminés, comme ils sont courts, ce n'est pas esthétique. Allez, fais onduler ton imagination !

Cela ne m'a pas empêchée de lire. Mes commentaires ne sont pas importants et ne méritent pas réponse. Ils ne sont pas écrits dans ce but, seulement pour montrer aux autres que je suis une femme fidèle – selon ma propre définition. Mon seul souhait est que cela ne te desserve pas dans la poursuite de ton écriture. Je ne veux pas que tu sois malheureux et je ne veux pas que ton écriture soit influencée par ma seule présence sinon l'échange perdrait tout son sens, cela reviendrait à faire un blog-duo et je ne suis pas de taille. Donc continue à me faire rêver, m'émouvoir et me provoquer afin que je puisse spontanément te distiller parfois les moments de ma vie qui ne sont écrits nulle part et même si cela me fait souffrir c'est une preuve que je suis encore vivante. Ainsi au fil du temps je pourrai te parler d'Aurélien – non ce n'est pas le fils de François – celui à qui j'aurais fait les six enfants qu'il voulait  - j'ai quand même réussi à ne pas me reproduire par ma seule volonté d'influence et sans les outils qui font des victimes. Pour la séduction j'y reviendrai. Avec des arguments, na!

Maintenant pense à ce que tu dois faire dans la vraie vie, parce que la lectrice assidue le demeure, les Ambroise comme tu dis t'ont précédé et je n'en veux pas d'autres, je ne les avais pas cherchés. Quant à Arioste (au passage je suis allée voir quelle tête il avait) je ne connais pas ses poèmes alors tu pourrais le citer à l'occasion …

Je t'embrasse parce qu'il me plaît.  Marie 

par Marie publié dans : Aïe
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Vendredi 6 octobre 2006

Il pleut. Normal, c'est la fin de la semaine. "Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille" et pourquoi pas des escargots ? les petit-gris vous aimez ? moi oui, bien cuisinés. Des comptines naïades ondulent dans leur ballet nautique et je dois surnager. Tourner en dérision, m'amuser, m'émouvoir et ne pas regretter voilà ce qui devient la trame du quotidien.

De la boîte à limaces  sont sortis quelques mots et leur trace collante laisse sur le papier de verre une curieuse guirlande.

Tel un calendrier de l'Avent, IE me permet d'ouvrir une petite case et je triche. [oui J. je triche aussi].

Ouvrir une  à la fois, pas plus, telle est la recommandation cinq fois renouvelée depuis quelques années et pourtant à cinq jours par semaine, une le matin et une le soir, le compte des fenêtres n'est pas bon. Cie est plus riche.

Depuis le début de la semaine je ne peux pas tout faire  "Je n'ai pas quatre bras". L'écho qui en a trois me retient près de toi, J. [pas le même]

Tiens je n'avais pas encore relevé la fréquence de l'initiale, je gardais Ambroise pour les plus influents, il me faut adapter.

"Pouvez-vous me renvoyer deux attestations ?" encore une interruption pour me descendre du nuage. J'acquiesce sur le champ tout en déplorant les habitudes prises par les gens de se simplifier la vie en faisant faire aux autres plutôt que de chercher … Sagesse ? comme j'ai lu chez toi M',  j'en suis encore bien loin !  M' était la lettre brodée (obligatoire) sur les blouses au lycée – une bleue, une beige pour changer chaque semaine -  du temps d'Adèle Rigol et de Gisèle Hénu. Authentiques en l'état et j'espère pour moi que ce joli monde n'a pas survécu.

M et P,  je ne peux lire de vous que ce qui passe dans le touillis de ma boîte et rien n'est plus frustrant que d'avoir un texte sans connaître la suite…

 

 

 

 

 

 

 

Un doigt de chocolat blanc avec noisettes vient de m'être offert "deux, même si tu veux" et voilà, je ne peux partager avec toi H. tu es trop loin, je n'ai plus le bras long. Dans mon exil forcé – voici encore un A. émer-geant, à qui je dois écrire – je communique mal et je voudrais tant dire !

Aujourd'hui c'est "portes ouvertes" sur le chantier d'à côté. Les portes c'est beaucoup dire parce qu'il n'y en a pas. De joyeux lycéens viennent se renseigner sur les métiers du bâtiment. Jaillissent des exclamations franchement décourageantes pour les casques orange qui essaient de motiver les casques blanc serrés comme champignons de Paris dans leur petit panier – c'est ma vue du cinquième. 

Le téléphone sonne. Je réponds. Un collègue arrive de l'extérieur. Haut comme trois pommes à genou, me voyant occupée, se place à ma hauteur et me bise furtivement le cou. Surpris par son audace, Michel devient tout rouge et se sauve en  courant. Bah, si ça lui fait plaisir ! et je souris en pensant à la girafe, celle qui m'inspira.  

La Compagnie me manque faute de connexion. Nouvel espoir lundi.

par Marie publié dans : marie-et-cie
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