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Jeudi 30 novembre 2006




















 même pas peur
par Marie publié dans : Elle
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Mardi 28 novembre 2006

Juste lu
Une équipe de chercheurs français et japonais vient de mettre au point une technique d'imagerie médicale l'IRMd. Plus fine et plus rapide de quatre secondes que l'IRM classique.
Merci Monsieur qui m'apprend ça. En théorie c'est bien mais que faut-il penser de la course aux performances technologiques, au regard de ceux qui sont contraints d'en passer par là pour savoir de quel mal ils sont atteints, tout en sachant qu'ensuite rien n'est prêt pour y remédier ?
De l'eau dans le cerveau, chacun en a sa dose mais quand les quantités dépassent la norme que fait-on ? faut-il appeler les shadocks ? je ne plaisante pas. A quoi ça sert tout ça ?
"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" ce sujet de dissertation proposé dans les années du siècle dernier, me revient en mémoire. Comment l'avais-je traité ? je n'en ai pas gardé le souvenir, je ne sais même plus de qui était la citation ! et c'est cette pensée-là qui ressurgit.

 

A quoi servent les technologies de pointe quand le minimum n'est pas maîtrisé ?

 

Et ne me dis pas de creuser ! Je ne suis pas d'humeur, ça fait "floc, floc" quand je secoue la tête.

 

Il semble pour la première fois que nous ayons accès à un paramètre de l'activité neuronale …
La mienne va très bien, merci. Personne n'est plus heureux qu'un malade qui s'ignore.

 

par Marie publié dans : de jour en jour
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Lundi 27 novembre 2006

Est-ce que la nouvelle maison te plaît ?
Après avoir cherché longtemps ce qui pourrait nous abriter, mon choix porte sur celle-ci. Ton assurance m'effraie, tu me dis qu'elle est bonne, je te crois sur parole. J'ai trouvé plus sage de mettre à l'abri de tes envies cachées d'immoler par le feu cette merveille qui a traversé le temps. Sais-tu bien où nous sommes ?
S'approprier les lieux, est-ce bien raisonnable ?

 

Donne-moi la main pour entrer, c'est la clé.
C'est vrai, je triche un peu, j'ai déjà parcouru les pièces. D'ailleurs j'ai laissé une fenêtre ouverte. Trop de poussière à mon goût et ça sent un peu le renfermé.
Des travaux sont à faire, si la façade est jolie nous allons devoir nous retrousser les manches. Bien sûr tu es d'accord pour m'aider, tu commandes et je fais, tu vois si je suis conciliante !
Peinture, papiers, pinceaux. Vas sortir l'escabeau et rends-toi donc utile.
Je ne veux pas salir ma jolie robe blanche, alors je vais l'ôter et j'irai la poser sur la poire...
C'est un sac de billes des années 70, un peu trop patiné, écrasé, pas décousu. Gardons-le, ça peut toujours servir et c'est tout ce qu'il reste dans la chambre. Même pas un clou au mur.
Tourne-toi pendant que je retire ma défroque de fausse bourgeoise afin d'enfiler un treillis plus adapté.
C'est mieux comme ça.

 

Qu'est-ce que tu fais ?

 

Je ne suis pas  la plage.
Non ce n'est pas un galet ni un rocher, ce n'est que ma hanche droite.
??.
N'aurais-tu pas dû demander mon accord pour lever ma chemise ? c'est un peu cavalier !
Serais-tu boulanger ?
Arrête, tu me fais mal !

 

Puisque tu veux savoir, cette boule au ventre est la crypte des enfants de François qu'il ne verra jamais.
Combien ? six. Ils restent prisonniers et leurs yeux morts ne sentiront jamais l'air vif de la montagne, leur père est mort, pas de porte à la cage et nul peut y entrer.
??..

 

Viens donc dans la cuisine, j'ai pris un vieux réchaud et nous boirons du thé. Fort.
C'est la fenêtre ouverte qui t'attire ? Ensemble nous pouvons regarder le monde et si tu veux me pousser je ne résisterai pas, victime consentante.
Ris autant que tu veux, quand je serai en miettes, les docteurs me répareront, tu iras en prison et je te porterai des oranges.

 

par Marie publié dans : Amphores
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Lundi 13 novembre 2006
Marguerite est restée dans le Gers, le temps d'allaiter sa fille. Elle est restée chez un vieux couple, des gens charmants, accueillants, sans enfant. Elle s'est faite une amie de l'institutrice, de dix ans son aînée, veuve de guerre. Elle a signé des papiers, des registres, beaucoup de papiers officiels, contresignés d'une croix par Marie et les femmes s'en sont retournées dans le grand Nord en 1918.
Obscurité, opacité.
Année 1920
Cette-année là un colosse de foire s'éprend de Marguerite. Elle n'a d'yeux que pour lui.
Cette année-là une femme très belle met au monde un garçon – le deuxième – son premier est de 1913. Leurs destins se croiseront, se mêleront, se conjugueront.
Marguerite dit oui à Félix. Elle dit oui pour la vie. Elle a deux ans de plus que lui.
Marie veille.
par Marie publié dans : Elle
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Lundi 6 novembre 2006

Mensonges, songes

 

Un Enfant veut que je lui mente, menthe      
Je lui dis que j'ai mille ans, Milan       
Je rêve de Florence, rance , la Rance et son or blanc. Pleumeur-Bodou et ses champignons blancs 
Blanc comme la boule au ciel sans voile. Cette nuit sera pleine lune et n'en dormirai pas. La lune pleine au creux du vallon rond. 
Je prends sa lumière quand le jour se déteint.

 

Cet Enfant me tourmente. Comment lui dire que je ne sais pas. Est-ce important qu'il croie ? croa.    
Et puis survient la panne privant des millions de gens du sang de leur vie, dans un geste de solidarité forcée, imposée, programmée. Agitation. La maison dans le noir. J'ouvre la fenêtre, le jour est presque là. 
…….

 

Dans un grand tourbillon de vent immobile une étoile de mer s'était échouée au bord de la forêt. Elle était descendue brutalement et quand j'arrive sur la lande, ses ailes déployées ressemblent à mes veines. Les sorcières font des ronds.

 

La voici la maison de mes rêves. Ce n'est pas l'igloo où je serais seule avec ma couronne des rois dans le désert glacé ; il sera ma résidence secondaire, pour les beaux jours d'été, quand l'absence trop lourde à porter dans mes mains déchirées, lacérées, sera déposée dans le coffret de silences.

 

Je retourne à la maison baignée de lumière. Lumière froide et nuit blanche.

 

Le puits central sous la coupole accueille les amis de passage leur offrant un refuge pour le temps qu'il leur plaît.  Le toît découpé à la hache masque au regard curieux le cœur de l'atelier.

 

Ses longs bras noueux s'ancrent dans la terre ferme et cherchent à s'évader. Elle ne le pourra plus, l'étoile condamnée à mourir, le temps fera son œuvre.

 

Je creuserai. Je creuserai pour te faire un berceau où tu viendras reposer, jouer de la musique, chanter avec les oiseaux. Les scolytes m'aideront. Les scarabées dorés viendront sous tes fenêtres illuminer tes yeux dans le soleil marcheur.

 

Quand je délire, lire

 

Quand je divague je réponds océan, l'océan me respire et tu me souffles pire. Je passe devant pour m'habiller de vent. Si je digère j'organise le temps.

 

Tu me parles d'hospice, j'entends épices et ma folie serait de dormir les enfants.

 

 

 

par Marie publié dans : marie-et-cie
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Lundi 6 novembre 2006

par Marie publié dans : marie-et-cie
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Jeudi 2 novembre 2006

TOUSSAINT

Les bras chargés de pomponnettes cuivrées, j'accompagne Denise – 87 ans – pour la tournée des cimetières. Je l'aide à marcher sur les tombes trop rapprochées, un pied ne peut poser entre les dalles de marbre. Il faut marcher dessus, tant pis pour le respect.

Elle est toute petite, Denise, à peine elle arrive à mon épaule et avec ça, bavarde comme une pie
Tiens, celle d'à côté s'effondre, il va y avoir des infiltrations et chez nous ça va causer des dégâts …. Mitoyenneté, qui va payer ? Pas moi assurément, ni votre fils, Madame, encore moins les deux autres ….

Vous connaissez ma réticence, ça ne fait pas partie de mes principes : les fleurs, je les porte aux vivants. Les morts n'ont que faire des potées et puis pourquoi donc aujourd'hui et pas demain ? je vous choque belle-maman ? si vous comptez sur moi pour fleurir votre tombe, perdez cette illusion. Vous passerez un marché avec un fleuriste qui fera déposer en votre nom ce que vous choisirez et paierez d'avance, je n'irai pas vérifier !
Prenez moi donc le bras, vous allez tomber. Maxime pardonnez-moi.

Sortir. S'évader des profusions de boules, de tout ces gens qui adoptent des mines de circonstance et qui, le portail franchi, s'en vont au troquet d'en face "viens, on va s'en jeter un …."

C'est presque l'heure de l'apéritif. Non merci, pas pour moi. Un peu de vie fera le plus grand bien, j'ai l'humeur carnivore.

Aujourd'hui je décide, ce sera une carafe de vin de Californie avec le bison.

 A prononcer ces mots à voix haute, Vin, la Californie j'y vois bien autre chose que penser la boisson capable de m'enivrer. Demain.

 Quelle heure est-il ? minuit. Demain c'est aujourd'hui, le jour des Trépassés. Pas de la baie d'hier, celle dont tu me parlais, Hélène, quand Gaston s'absentait pour aller à la pêche. Les flots se déchaînent, les tourbillons d'écume viendront déborder mon clavier, rien ne peut arrêter. Quand j'étais fascinée par le vide.

 Le jour du souvenir. Du souvenir de ceux que j'ai connus de leur vivant, de la famille proche – la mienne exclusivement. Jacques et Louise, ta première, qu'avec ta fortune tu n'a pu sauver – pas encore de pénicilline miraculeuse au point quand elle décédée. Marie et Marguerite, mère et fille, ta petite-fille aussi dont on ne parlait pas et qui a retrouvé sa mère, du moins le croyait-elle. Reine et Clémence, des marraines, encore mère et fille, les hommes n'étaient plus. François-Xavier, dans quel cimetière es-tu ? Yvonne et Pierre ton mari qu'on a déterré dix ans après pour le déposer à tes pieds – ça, je n'ai pas supporté, il a fallu que je proteste, l'urne eût été placée à ta tête que l'effet aurait été différent ! l'avais-tu voulu ainsi ? Gérard à l'élan de jeunesse brisé quand Aurélien naissait. De quoi la vie est-elle faite ?


Quelle heure est-il ? cinq heures. Les vivants m'appellent. Pourrais-je voyager ? dans deux semaines, le beaujolais nouveau, comme en l'an 2000. Beaujolais. Vin. Vendanges. Victoire. 

par Marie publié dans : Elle
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