Doléances

Publié le par Marie

 

Monsieur le Professeur

Vous comprendrez aisément les raisons pour lesquelles je n’entreprends pas ce courrier avec les termes de circonstance : « Par la présente, j’accuse réception de votre correspondance en date du [tant] et vous en remercie vivement »

Tout d’abord un bref rappel de la situation :

Lettre du Chef de service au Référent en date du 2 décembre dont vous avez été destinataire par copie – reprenant par le détail l’ensemble des examens pratiqués, l’état général, les antériorités, le diagnostic et la préconisation d’un triple pontage voire quadruple (je sais maintenant que ça peut aller jusqu’à cinq mais est-ce bien raisonnable]. Il y est même prévu un transfert à la date du 12.

Votre patient, dont je suis sur le papier « la personne de confiance » a compris que vous alliez intervenir le 13 … rien ne m’a permis de le vérifier …

J’abrège.

A partir du 15, date de l’intervention et les 7 jours passés en service de réanimation, exemplaire tant par les installations que la qualité irréprochable du personnel œuvrant 24 heures sur 24 – par équipes parce que c’est quand même très dur de travailler autant d’heures.

Je ne sais si je suis autorisée à montrer, j’ai pris quelques photos « en souvenir ».

Retour en chambre « normale » le 22 dans l’après-midi, avec masque à oxygène, sonde et autres tuyauteries. J’étais présente. Le 23 mise au fauteuil avec tout l’attirail et vous passâtes dans la soirée, sourire jusqu’aux oreilles pour dire : retour à la maison demain !!!!!

Ce qui fut dit fut fait, l’opéré est arrivé vers 16 heures, ramené en taxi avec ses affaires dans un sac plastique (c’est très à la mode partout) et des ordonnances.

Avez-vous songé un seul instant qu’il n’était pas très facile de trouver en campagne une infirmière devant venir à domicile fête et dimanche compris ainsi qu’une pharmacie ouverte à quelques heures d’un réveillon. Ce n’est pas votre problème.

Ce n’est pas non plus votre problème que de convoquer ledit patient le 29 pour ôter la moitié des agrafes – c’est votre nom qui figure ainsi que par la signature – et ne pas être présent ?

Ce qui a fait déborder le vase de mon indignation, c’est l’attitude de la secrétaire au rez-de-chaussée, trouvée péniblement dans le désert des couloirs. Ce n’est pas possible ! Vous l’avez recrutée dans une clinique vétérinaire, si elle ne m’a pas mordue, elle a fortement aboyé.

« C’est la faute au service, ils ne comprennent jamais rien là-haut » « il est en vacances » (ce que j’estime bien mériter en fonction de ce qui va suivre) « et d’abord il en fait cinq par jour …. » comprendre que c’est le nombre d’interventions. Un rapide calcul de 5 fois quatre heures en moyenne par client fait comprendre beaucoup de choses ! Même que le Patient m’avais dit que l’interne n’avait pas eu de chance, trois étaient morts en quatre jours ….

Pour enfoncer le clou, je confirme que le Patient est bien arrivé chez lui alors qu’administrativement il est toujours à l’hôpital, le bulletin de situation en faisant foi et confirmé par téléphone. L’auriez-vous réduit de moitié ?

Une dernière chose, aucun compte-rendu opératoire n’a été communiqué à quiconque alors pour me faire une opinion de vos talents, dois-je penser au pont des arts, au pont des soupirs ?

Aucune formule de politesse convenable ne me vient à l’esprit, nous nous en passerons.

Une ménagère de plus de cinquante ans

Marie


Publié dans Aïe

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article