Injonction sans jonction

Publié le par Marie

Voici plus d'une année qu'aucune page a été créée ...

Qu'avez-vous à déclarer Marie ?

rien

Vos papiers ....

Egarés, envolés sur les ailes d'un papillon basse d'eau.

Vous devez verbaliser ...

Où sont les verbes ?

Au fait, des papiers en voici et ce n'est pas simple à classer

 

" Chers Papa et Maman,

 Vous allez sans doute être très surpris par ce mail, mais il est important que vous soyez informés des changements qui surviennent dans ma vie, celle de Clémence et des filles.

La nouvelle va sans doute vous surprendre, mais j’ai décidé de vivre seul.

Depuis plusieurs mois le dialogue avec Clémence était rompu, cette situation est devenue insupportable pour moi, et je n’ai pas réussi à surmonter ce silence.

J’ai imposé mon choix, j’en suis conscient, mais j’ai la chance d’être entouré de gens intelligents et compréhensifs.

J’habite à présent à Poulzy, à quelques centaines de mètres des lavoirs, dans une maison plutôt agréable à vivre.

J’emmène les filles à l’école chaque matin, et quand j’aurai fini d’emménager la maison (ce qui ne devrait prendre que quelques jours) les filles viendront dormir ici quand elles le voudront.

Ceci ne change en rien la situation entre vous, les filles, Clémence, sa famille …. Ce changement est géré en grande intelligence, Clémence et moi restant en bons termes.

Elle m’a confirmé que vous étiez toujours les bienvenus au Chesnay, l’invitation à l’anniversaire de Cécile n’a pas changé et n’oubliez pas vos vaccins contre la grippe, l’infirmière est prête.

Vous pourrez dormir au Chesnay ou chez moi, en toute franchise la maison de Poulzy est un peu moins accueillante, mais vous ferez comme vous voudrez… vous êtes les bienvenus partout.

Sachez également qu’il n’est pas question pour nous de vous éloigner, et j’aimerais beaucoup que vous gardiez le contact avec Clémence, c’est vraiment quelqu’un de bien.

Vous avez peut-être des inquiétudes à mon sujet, rassurez-vous, je ne suis ni dépressif, ni alcoolique … je n’ai pas été enrôlé dans une secte ni accaparé par une autre femme, j’ai juste besoin de redevenir qui je suis vraiment, et ne plus être celui que les autres attendent.

Je vous aime très fort, et je vous le répète encore : tout va bien.

Je vous embrasse, à très bientôt.

 Stéphane

Et 24 heures après :

 

Bonjour à vous deux,

Je pense que vous avez eu Stef’ au téléphone hier et que vous savez qu‘il a déménagé samedi dernier. Il me dit que vous venez vendredi prochain et c’est très bien. Par contre, je pense qu’il serait plus judicieux que vous alliez chez lui. Ce n’est pas que je ne veuille de vous à la maison mais je pense que ce serait plus cohérent pour tout le monde et surtout pour les filles que vous alliez chez votre fils. On ne peut malheureusement faire comme avant...car rien n’est plus comme avant! Les filles resteront avec vous jusqu‘au dimanche midi, ce n’est pas un problème. Le dimanche, j’ai peur que si Stef’ est là, ce soit un peu tendu. En effet tout le monde étant au courant, il risque d’y avoir malaise. Je ne sais pas vraiment comment faire et même si je souhaite que nous restions en bon termes avec Stef’, je ne veux pas imposer et m’imposer de faire comme si de rien était. Et je pense que ce ne serait pas sain pour les filles.
Par contre, vous pouvez venir me voir le samedi aprem, je serais ravie de vous voir et je vous vaccinerai. De même si vous voulez passer dire bonjour le dimanche, pas de problème...

Voilà, j’espère que vous ne m’en voudrez pas... la situation étant fraîche et nouvelle, il faut faire des choix.
Je vous embrasse,

Clémence

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Henri-Pierre 10/12/2013 09:15


Je sais maintenant, ma Marie...
Je suis triste parce que toute séparation est triste, mais d'autre part le flux de la vie est là er on ne gagne rien à le contrarier.
Schéma classique, un homme arrivé à maturité repart à la conquête de lui-même, ça lui est plus facile, l'homme qui n'engendre pas est un être d'extérieur, un nomade.
La femme, quant à elle, âme du "dedans" subit et ne peut qu'accepter que son monde se fracasse. Et lui survivre.
Je comprends ton fils.
Je comprends Clémence, et j'éprouve pour elle une vraie compassion.
Ton fils a du courage de braver le confort affectif et l'incertitude d'un futur devenu solitaire.
Il faudra beaucoup de courage à Clémence pour s'accomoder des ruines de ses illusions.
Entourez-les tous les deux et apportez son réconfort à votre bru qui, je le sens, vous aime.


Et puis, il y a le temps...


Je t'embrasse très fort ma Marie, tu es un brave soldat à qui la vie a fait le non-cadeau de se battre sur plusieurs fronts en même temps. Ma main est sur ton épaule