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marie-et-cie

La jolie contribution d’un visiteur à la valorisation de mes deux lignes m’a fait remarquer une évidence qui ne saute jamais à mes yeux : l’aspect de ma main.
Je ne la voyais pas cette main, je ne visais que les mots.

Mes mains :
Elles sont au bout de mes bras, bien utiles, que dis-je, indispensables au verbe faire dans toutes ses conjugaisons et je  considérais que leur utilisation hier en plein air n’avait qu’un seul effet : maintenir en lisibilité la page réceptrice de mes écrits.

Au temps de ma jeunesse, les mains imparfaites qui n’avaient pas la chance de ressembler à celles des « Jeunes filles au piano » se devaient, pour aller à l’office, porter des gants blancs, soie ou filoselle, réalisés au crochet et l’hiver des mitaines de laine, gants dont les extrémités sont coupées.

Il l’a vue potelée, elle est assez noueuse, les éphélides accentuées par le soleil derrière les vitres.  Qu’importe si la droite est d’une autre couleur …

Ton mot a rafraîchi ma mémoire et remis en vedette un évènement qui suscita en son temps des quolibets.

C’était tout comme hier, une réunion d’entreprise avec des discours, au moins trois cent personnes dans la salle, des flûtes et du champagne, des vœux. Dans le brouhaha, comme les canards en plus aigu, M.D serre des mains, prend la mienne, s’incline très légèrement et me baise les doigts. Sublime attention, vanité jubilatoire de ma part pour un geste sans importance et néanmoins plein de distinction, je fus la seule à bénéficier de cette attention. Clin d’œil de connivence habilement dissimulé, il dit pour sa défense que j’étais la seule à en comprendre la signification.

La vie lui fut ôtée, un cancer ignoré. C’était il y a quinze ans. Depuis je n’ai pas changé – seulement la peau de mes mains - ce n’est pas maintenant que je vais la cacher. Sans être dupe, je reste sensible aux marques de courtoisie.

Merci Monsieur Shaggoo

Le 9 septembre 2007

Quel lièvre va sortir de ton chapeau ?

Quel appeau sera choisi pour piéger la calandre ailée ?

Qu’importe, je lis sans me manifester, en cachette.

Te dire dès maintenant que j’aimerais autant que possible tomber aux oubliettes ne serait-ce pas suffisance de ma part ?

Me donner une importance que je n’ai absolument pas ? 
Est-ce de l’orgueil de dire que je n’aime pas être mise en avant ?

Je n’aime pas les projecteurs.

Pourquoi crois-tu que je reste derrière l’objectif ? Pas tant pour piéger ou capter (pas capturer, l’esprit échappe toujours) les autres que témoigner de ma vivacité et de mon sens de l’observation, encore une forme d’absence de modestie, mais surtout pour échapper aux séances de pose. Je n’aime pas être vue.

Pour une image : escargot montre-moi tes cornes. Je tiens un escargot dans la main gauche et je lui parle. J’ai quatre ans,  les pieds dans l’herbe et assise sur le muret séparant la cour pavée de briques du jardinet, ma petite sœur en a deux et demi et les escargots, elle les croque ….

Notre père avait photographié la scène (il avait même un petit labo sous la mansarde) et me l’a donnée hier. J’ai horreur qu’on se moque de moi et pourtant il y avait de quoi !

 

Donc tout ce qui précède découle d’une supputation de ce que tu vas faire, jusqu’à quel point  tu es capable de me surprendre. Je suis très mal à l’aise avec les surprises.

Je ne sais si je t’enverrai mes pensées ou je les donnerai à Ambroise le Fictif et néanmoins vivant dans sa complexité. Je manque tellement de temps et d’inspiration de mots, je ne vis que de chiffres et ça va encore durer un moment !

A la demande de Michael_once_upon_a_time, un ami arc-en-ciel qui soi-disant voulait "m'embêter"  ;-), ce en quoi il a parfaitement réussi puisque grâce à lui j'ai n'arrive pas réussi à mettre les liens hypertextes (grrrrrr) je poursuis la chaîne QUATRE (après celle de sept) avec ma spontanéité légendaire. Je viens de récupérer un peu d'indépendance ….

Quatre emplois dans ma vie :
>
Dans la plus grande (à l'époque) librairie de la ville. Elle avait obtenu le marché de fourniture des livres scolaires. J’y ai vendu quelques livres alors que j’aurais aimé les garder et SURTOUT, j’en ai réceptionné des tonnes (le mot n’est pas faible et mes bras musclés) pour les redistribuer dans les écoles, avant la rentrée, suivant les commandes des établissements. C’est l’époque où j’ai mangé le plus de bonbons dans les réserves.
>Maîtresse, sans femme de charge - c’est-à-dire qu’il m’est arrivé de tenir le zizi des petits  – de moins de quatre ans - parce qu’ils ne voulaient pas y mettre les doigts – rigolez, je m’en fous, il y a prescription. Il faut que je vous dise, je suis l’aînée de quatre garçons alors !
> Dans l'industrie textile, florissante dans le Nord de la France avant mai 68
>Dans l’exercice libéral de la conception des termitières

Quatre films que je regarderai encore et encore (sans ordre) :
> Le Bossu
> Capitaine Fracasse
> Le Miracle des loups
> L’éternel retour

Quatre endroits où j’ai vécu :
 
>dans l'escalier menant à la cave pendant les années de guerre
 
>dans une chambre avec balcon chez ma grand-mère
 
>chez la tante de mon mari
 
>chez moi, plus exactement chez nous, à la campagne.

Quatre émissions/séries TV que je regarde :
 
> NCIS avec un faible pour Aby
 
> Les Experts (là où ils sont)
 
> FBI : portés disparus
 
> C dans l’air

Quatre lieux où je suis allée en vacances :
 
> Lascaux (et sa vraie grotte)
 
> Fontaine-Chaalis
 
> Les Pays-Bas
 
> Sarlat  …. 

Quatre “choses” que je fais sur le net :
 
> je lis, je lis, je lis, je lis
 
> je commente vite, mal, je conte
 
> je cherche des cachettes
 
> je trouve des trésors, des vrais. Le net est mon oxygène.

Quatre mets que je ne mangerais pour rien au monde :
 
> du rat
 
> des concombres et autres cucurbitacées
 
> du fromage de chèvre
 
> mes doigts, avec ou sans sauce

Mes quatre plats favoris : la question ne précisant pas si c’est à préparer ou à déguster, je retiens la dégustation
 
> les truites aux amandes (mon succès culinaire de jeune mariée)
 
> les coquilles St Jacques sur lit de poireaux
 
> 24 huîtres chaudes (nature)
 
> les magrets de canard  (poivre et sel)

Quatre endroits où j’aimerais être en ce moment :
 
> Alkmaar   et
 
> Locronan
 
> Paris       et
 
> dans notre Maison de Boisailleurs ….. Ubiquité pour deux rêves ? Qui prendra le relais ?

M

Enfin ! j'ai réussi à lui ôter le caddy ....
la preuve :

Un jeune homme un peu niais, amoureux d’une belle,
lui prêta quelques sous pour payer le billet
de retour sur l’île paternelle.

Elle avait étudié dans la mère patrie,
loin de ses père et mère, chez l’aïeule Lucie, au hameau des tournelles.

Je te promets, dit-elle, de tout te rembourser dès que je rentrerai
Avant septembre, foi de béquet,
et même pour prouver ma bonne foi sincère
je te laisse le gage de mes clous parfumés.

Cet argent détourné avait un autre but,
que l’idiot du village n’avait pas deviné.

Elle ne revint pas.

En janvier il reçut un chèque du montant avancé
mais en francs CFA
que la banque d’ici illico refusa.

Je repensais à cette histoire en piquant les oignons à mêler au ragoût.

Les clous sont d’origine, à vingt euros LA pièce, mais quel goût !

On papote, on papote et puis ....
On ne peut plus simple, invisible, le coeur y est.
Merci Julien.

... m'écoute jamais ! comme un écho qui répète jamais, jamais, mais.

 

 

Comme je te l'ai dit, nous nous somme installés dans le creux du sable, au pied de la dune, face à l'océan, abrités du vent.

 

 

Quand Esprit s'est mis à parler, un tourbillon est passé au-dessus de nos têtes. C'est l'air marin qui est venu nous suffoquer. Alors nous nous sommes réfugiés derrière la maison sculptée formant un rempart de protection, nous avons changé de place et c'est en face de moi qu'il a pris sa nouvelle posture de sculpteur égyptien.

 

 


Comment il était habillé ? est-ce donc si important ? tu sais je ne fais pas très attention à ces détails ! Oui je me les rappelle, il portait une chemise à reflets nacrés sur une espèce de caleçon en maille trilobée,  brillante comme celle des bas nylon. Pressentant que ce serait long, pour le protéger du vent du large, j'ai sorti de mon sac la couverture de survie, si légère qu'on pourrait croire qu'elle ne sert à rien. Emballé dans son drap d'or il ressemblait à une statue d'un nyakashipou.

 

 

Ses cheveux bruns, souples, mi-longs, formaient autour de sa tête un casque qui lui cachait un oeil de temps en temps. Cela ne semblait pas le déranger apparemment, puisque  pas une seule fois il a remonté les mèches.
J'ai posé des questions, ce qui l'a agacé, j'ai bien vu son regard, alors j'ai pris la bouteille vide contre moi, j'ai penché la tête et à partir de ce moment là, il a prononcé des mots tellement embrouillés que je n'ai rien compris ! je ne sais pas si j'arriverai à les répéter, ça donnait à peu près ceci :

ws ufioesi ixboss dsydic dsek sedpsifose saoedsido si ysewxoksy sets dxoyeuse et puis ses yeux se sont agrandis, presque aussi grands que son visage, sa bouche a disparu, il s'est pulvérisé dans l'air, pfffutt et je me suis sentie fatiguée, fatiguée ...

Mouais … ça ne va pas encore !
Ce n'était pas comme ça ?

 

Bien sûr que si !
Bon d'accord j'ai dû commettre quelques erreurs au passage, ce n'est pas tout à fait cohérent ? merci de me le faire remarquer,alors je vais reprendre.

 

Pour le vagabond, ça va. Rien à ajouter ? rien.

 

A la petite vieille maintenant. Elle est descendue sur la plage et même que c'était long. Comme j'étais bien couverte, j'ai observé tous ses gestes. Elle a ramassé ce qu'elle a trouvé et a tout mis dans son sac. J'ai une bonne vue.
Et puis elle a soulevé une bouteille brillante dans un éclair de soleil…..

 

Elle l'a prise en main et a regardé au travers. Quand elle s'est aperçue qu'elle était observée, elle a eu un geste de surprise et puis elle l'a rejetée. Ce n'est pas tout à fait ce que j'avais dit au début, parce que de ma place je ne pouvais rien entendre d'autre que le vent. C'est ta faute aussi, tu veux toujours savoir la fin avant le commencement !
En fait, comme je suis curieuse mais je ne voulais pas le dire, j'ai attendu qu"elle reparte et j'ai quitté mon trou. Je fixais bien l'endroit où la bouteille était tombée, dans les cheveux de varech on la voyait à peine.  C'était une bouteille en verre, un bouchon au goulot, pas vraiment hermétique. Sans bien distinguer le contenu, j'entends du bruit. Des appels assourdis paraissent si lointains que je crois avoir rêvé. Je sors le flacon de son nid et le secoue légèrement, lorsque un cri plus fort me fais cesser de suite.
J'approche la bouteille de mes yeux pour voir qu'à l'intérieur une silhouette s'agite en faisant des signes désespérés des bras. J'ôte le bouchon, tout aussitôt le minuscule pantin parvient ainsi à s'échapper ….

 

Je croyais que la vie de Tom Pouce continuait. Cependant, sorti de sa bouteille, le bonhomme commença à reprendre une taille humaine et vint s'asseoir à mon côté. Le gauche.
Comment t'appelles-tu, lui demandais-je ?

 

"Esprit-de-vin", madame et c'est toute une histoire, seulement voilà, personne ne m'écoute jamais !

 

Comment , je n'aurais pas dû me réveiller ? non, ce n'est pas ça, je n'ai pas commencé par le début ?

 

Si tu insistes ….

 

Un homme désoeuvré parcourt d'un pas traînant le chantier déserté. Mains dans les poches, d'un coup de pied rageur, il repousse brutalement des boîtes décapsulées, vides naturellement ! hirsute, Il marmonne dans sa barbe. Son vieil anorak rouge, sale, usé, laisse passer une chétive ouatine aux emmanchures, son pantalon trop large semble retenu par une ficelle : deux bouts dépassent. Quant à ses chaussures, elles entreraient dans la catégorie des Cat de l'ogre de la fable.
Trouvera t-il ce qu'il cherche ? Que cherche t-il d'ailleurs, à manger, à boire ? Les détritus ne manquent pas. Des emballages, des chutes de polystyrène, des briques cassées, des gravats pour tout dire, alors rien à manger. Obstinément il cherche. Il finit par trouver une bouteille. Qu'a-t-elle de particulier cette bouteille ? à première vue : rien. Même pas d'étiquette. La bouteille n'est pas neuve, son vert très sombre empêche de distinguer s'il y a un contenu. Il secoue, elle semble vide alors d'un geste rageur il la balance par-dessus les buissons qui bordent la dune.
Les oyats de la plage voient passer un ovni qui vient s'échouer dans le sable, à moitié enfoui.

 

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