Titre provisoire emprunté, en mémoire d’un enfant trouvé, d’un enfant égaré, d’un
enfant donné
Comme un rituel, j’ouvre la boîte et je regarde avec émotion le visage gracieux et plein de mystères, les lèvres
fines, le nez droit, le front habilement dissimulé sous une mèche ordonnée, des cheveux d’obsidienne, qui donnent envie de les peigner pour leur ôter l’apparence de désordre savamment organisé.
Sans oublier un regard légèrement étonné et rempli d’affection tout à la fois.
Un enfant – gracile et gracieux, naturel et apprêté – tenant la pose pour être photographié, au saut du lit,
innocent et bien loin de tout ce qu’il est possible d’imaginer.
Teintes douces, souplesse des matières, ambiance voluptueuse de mousse crémeuse.
Ceci pour la mise en scène qui laisse transparaître un naturel savamment
travaillé.
Rituel ? Oui, quotidien, matin et soir au minimum, n’ayons pas peur du ridicule de la situation.
Mais reprenons au début de cette histoire.
Venue de contrées lointaines, d’une galaxie encore ignorée du commun des mortels, à en croire les
rumeurs (si j’ai bien compris KeurueK ) - ceci m’ayant été rapporté en langage binaire – une créature répondant au nom de Zieu avait pris pied sur
notre terre il y a déjà fort longtemps.
Son esprit ouvert lui avait permis de se fondre dans le corps d’un humain, même s’il y eut quelques ratés, et
les années passèrent. Chacun voyait Zieu avec son regard et non telle qu’elle était sur son caillou dans le ciel. Ceci était d’ailleurs préférable, autrement tout le monde aurait eu peur et
aurait cherché immanquablement un moyen de détruire l’horrible créature ! Pense-donc ! Représente-toi deux roues énormes posées sur une masse ridicule en forme de cœur. Oui c’est ça, un
cœur énorme et des yeux encore plus grands que les tiens, c’est dire !
Nous arrivons à la date du 28 octobre.
Avant cette date et les jours suivants, Zieu
parcourt inlassablement d’immenses prairies herbues. Même avec ses capacités, elle n’a pas suffisamment de connaissance pour atteindre le but qu’elle visait depuis l’année précédente et atteint
un soir une zone de fougères.
Las, sa taille ne lui permettait pas de voir
au-dessus et sa déficience lui causait quelque chagrin. Comment progresser dans ces circonstances ? Elle garda le regard fixé le plus longtemps possible vers le sol pour suivre un sillon
tracé, ce qui la rassurait. Lorsque sous son regard se dessinèrent deux pieds passant assez rapidement, elle les appela – en langage binaire – et fut à la fois surprise et réjouie d’obtenir une
réponse. Pouvons-nous cheminer de conserve ?
Où allez-vous de ce pas si rapide ? Vers la forêt, s’entendit-elle répondre.
Je peux vous accompagner ?
Je suis plus rapide et puis je ne suis pas
d’agréable compagnie lui dit-il.
Qu’importe, elle joue de bravade et lui dit qu’à l’inverse il ne pourra pas suivre …


regardons le précédent de plus près :
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