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Quand on a fait un ouvrage,
il reste une chose bien difficile
à faire encore, c'est de mettre
à la surface un vernis de facilité,
un air de plaisir qui cachent
et épargnent au lecteur
toute la peine que l'auteur
a prise.

Joseph Joubert. Pensées, XXIII, 48.

 

Par Marie - Publié dans : Amphores
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Maladie chronique et universelle, génétique et héréditaire, agissant par poussées exaltantes, rarement mortelle, néanmoins très douloureuse en phase terminale :

  l'amour
Par Marie - Publié dans : Amphores
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                               NUA,


J’ai ouvert les volets


Secoué l’oreiller


Ton empreinte laissée


Ne pouvait s’effacer.

 


 

 

Par Marie - Publié dans : Amphores
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Pour avoir trop couru vers des palais déserts, je ne sais plus très bien s’il me reste Nostalgie ou bien Mélancolie, deux compagnes gênantes …

Ainsi, était-ce un bazar, une médina, Topkapi peut-être ou encore l’Alhambra ?

J’y suis, c’est le palais de l’Ermitage à Saint Petersbourg, aux façades vert pâle et lumières de rêve sous le soleil couchant.

Ce dont je me souviens, avec certitude, c’est le panneau géant, à l’entrée du couloir, annonçant le parcours. Sur le même niveau, je n’ai pas vu de marche, le long couloir éclairé présentait trois cent soixante-cinq portes devant s’ouvrir, l’une après l’autre, tout régulièrement, la minuterie de dernier cri, prête à servir. J’ai compté jusqu’à dix. Après ce qui me parut un mauvais rêve, le nombre d’ouvertures se trouva ramené à cinquante-deux. J’étais à l’autre étage, ou bien une aile. J’ai vu quelques merveilles d’orfèvrerie, des passages troublés, des cabinets secrets. Une fois encore la magie disparaît.

Obstinée, je retourne sur mes pas, sans rencontrer personne ou bien peu. Faut-il donc oublier ?    
Au jardin, j’attends le retour des geais, leurs buissons favoris de Photinia bourgeonnent.




Par Marie - Publié dans : Amphores
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Si mes mains écorchées t’ont rendu la peau douce

Ton cœur élabora des orviétans secrets

Pour soigner mes douleurs et nos plaies transpercées.

Par Marie - Publié dans : Amphores
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En était-ce une ?

En déployant très largement ses ailes, un jeune Corbeau brillant offrit un asile de jour à une chouette revêche et blessée.

Bien abritée, au chaud, dans l’ombre noire, elle ouvrait grand les yeux, ne voyant que duvet. Elle observa longtemps. Son abri, aux parois hérissées de barbes molles, lui paraissait tranquille. Aussi, regardant autour d’elle, remarqua avec quelle habileté il s’arrachait les rémiges pour sortir la substance de sa créativité. Il écrivait. C’était d’ailleurs sa seule occupation visible.

De son observatoire de nuit, elle finit par remarquer le Fox de Californie qui épiait son ami. Lui ne voyait rien. Très malin le renard, admiratif et empressé, tant et si bien que le Maître sûr de lui, très heureux, va certainement se faire plumer un de ces quatre matins …

Cris de la chouette. Oui mais la chouette effraie.

Va-t-il battre de l’aile ?

Par Marie - Publié dans : Amphores
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C’est l’heure exquise …

« La Lune Blanche » Paul Verlaine

 

C'est l'heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre
du regard en reconnaissant
le chêne à sa feuille de cuivre,
l'érable à sa feuille de sang.

Leur dernières, les plus rouillées
tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n'est pas l'hiver encor.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l'air tout rose
On croirait qu'il neige de l'or

« Matin d’Automne »  François Coppée

 

Par Marie - Publié dans : Amphores
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Le Morvan a revêtu pendant des journées entières des écharpes de brouillard, des houppelandes cotonneuses, épaisses, glacées.

L’heure n’est pas exquise et prête à la mélancolie. L’air poisseux charrie des sons étouffés et si je n’avais pas levé le nez, la dentelle de l’araigne besogneuse aurait échappé à mon observation.

 


Monpallas.

La Canne se laisse couler dans le fond des vallées et vient me conter la légende de Narcisse.

Tout le monde connait Narcisse, depuis une éternité ; seulement, les légendes racontées de bouche à oreille, parfois transcrites, ne disent pas toute la vérité.

 

L’eau cristalline surgie des crêtes, cascade en chantant jusqu’au vieux lavoir. Ce qui était lavoir avant la mort de Narcisse.

 

Commençons par le commencement.

 

Avant d’être un beau jeune homme très malheureux, il fut un jeune garçon joyeux et facétieux, très précisément le frère jumeau d’une fillette prénommée Iris. Leur ressemblance était frappante et ils en jouaient à la moindre occasion.

Les jours s’écoulaient heureux pour ces deux enfants libres de toute contrainte, puis vint le temps de l’adolescence et des jeux interdits.

Ils avaient été surpris nus au bord de la rivière et des esprits mal tournés  y virent là le vice et le mal, alors qu’ils étaient encore innocents. Plus pour longtemps, c’est bien possible mais pourquoi crier au loup avant de l’apercevoir …

Leurs ébats dans les ondes complices furent donc net interrompus. La jeune fille fut séparée de son frère définitivement et confiée aux sorcières qui la transformèrent en fleur.

 


 

Il revint longtemps au bord de l’eau dans l’espoir de retrouver Iris, sans succès. Cependant, bien qu’il passât auprès d’elle très souvent,  il ne la reconnut jamais.

Il erra longtemps lorsqu’il entendit, vers Les Serrées, des chants et des rires de filles autour d’une large vasque de pierre dans laquelle coulait l’eau fraîche. Il demeura caché derrière les épaisses haies de mûriers à écouter leurs histoires et leurs moqueries. Il crut entendre la voix d’Iris alors, sans se montrer, il attendit.

A la fin du jour, après le départ des femmes, il s’approcha du miroir de l’eau. Il se pencha et la vit. En larmes, croyant sa sœur noyée, il se laissa couler au fond pour la rejoindre.

C'est à partir de ce jour-là que le lavoir fut abandonné.

Par Marie - Publié dans : Amphores
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La mer et l’enfant

Un autre cauchemar m’entraîne sur la plage.

Le vent siffle entre nos branches et le panier de crabes se répand.

Pour qui courir si vite ? Qui nous attend si loin ?

… le pavillon, le pavillon …

Où est l’oriflamme ?

Le château de la veille a reçu la visite des démolisseurs fous, les broyeurs de chimères, les briseurs d’harmonie en rages éphémères.

Faire pleurer le petit.

Tu plieras le genou et tu t’excuseras, je ne saurais le faire à ta place, imbécile.

Un enfant a souffert de ta rage si folle. Son château est détruit et le flot est passé relavant les rochers sans relever les ruines.

 

Ne crie pas mon petit. Je suis là pour t’aider, j’ai la pelle et mon seau, le soleil est levé.

Par Marie - Publié dans : Amphores
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Dans des temps plus anciens j’évoquais quelques roses, un bouquet, des parfums, des dessins merveilleux  à l’orient des planches, du nord au sud, avec des cardinaux sans barrette.

C’est quoi des temps anciens ?
En juillet ou en août de l’an deux mil et six,  je ne sais plus  très bien s’il en reste des traces.

Plus d’image c’est sûr, pour les mots, je m’hésite.

Je replace devant les yeux une rose spéciale dont l’importance fut certainement majeure. Elle est extraite d’un atlas italien antérieur à 1560 et porte seize noms des vents connus à cette époque.

Pour le plaisir des mots je les cite, en leur couleur de flèche, et dans l’ordre de l’hémisphère nord où je vis aujourd’hui :

TRAMOTANA GRECOTRAMOTANA GRECO GRECOLEVATE LEVATE et sa croix de Malte SIROCOLEVATE SIROCO OSTRASIROCO OSTRIA OSTRIALEBECI LEBECI PONETE LEBECI PONETE PONETEMAISTRO MAISTRO MAISTROTRAMOTAA. Sans n, est-ce une faute ?

Des circonflexes arrondis coiffent les A, quelques O mais pas tous, pour les E c’est pareil.

Le SOLEIL en son centre, avec des yeux sourcilleux, un nez, une bouche fermée comme vaguelette lance ses rayons rouges aux seize directions. Ce qui lui donne un relief particulier est l’alternance d’un rayon torse et l’autre droit.

« Oh combien de marins, combien de capitaines sont partis

sans la Rose … plagiat me direz-vous et alors ! Vous ne voulez quand même pas que je vous cite le poème en entier !

Qu’importent vos pensées, ces noms de vents me bercent et me font tant rêver.

 

MAISTRO, TRAMOTANA, GRECO,  je tiens à vous mes trois.

Par Marie - Publié dans : Amphores
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